Niger : Niamey frappée par une pénurie d’essence
La capitale nigérienne, Niamey, est à son tour confrontée à des difficultés d’approvisionnement en carburant. Depuis le week-end, les files d’attente s’allongent devant les stations-service. En cause, une production nationale insuffisante et la raréfaction de l’essence de contrebande en provenance du Nigeria.
La situation complique le quotidien des habitants de Niamey. « Cela fait une semaine que nous sommes en difficulté. Nous n’arrivons même pas à trouver de l’essence pour aller travailler », témoigne Harouna Chérif, un résident de la capitale, qui appelle les autorités à prendre des mesures pour résoudre la crise. Même constat chez Abdoulaye Zakari, qui déplore la persistance des difficultés malgré les annonces d’un retour à la normale. « On nous a dit que la pénurie était terminée, pourtant, nous ne voyons toujours pas le bout du tunnel », regrette-t-il.
Malgré ses ressources pétrolières, le Niger peine à couvrir l’ensemble de ses besoins en carburant. La raffinerie de Zinder, la seule du pays, fonctionnerait à environ 75 % de sa capacité, avec une production estimée à 1,6 million de litres par jour. Ce niveau de production reste confronté à une demande intérieure importante, qui se chiffre également en millions de litres quotidiens. L’écart entre l’offre et la demande fragilise le dispositif national d’approvisionnement. En cas de perturbation, les quantités disponibles ne suffisent plus toujours à répondre aux besoins des consommateurs, favorisant ainsi les tensions dans les stations-service.
À cette insuffisance de la production s’ajoute la raréfaction de l’essence de contrebande en provenance du Nigeria. Ce circuit informel constitue une source complémentaire d’approvisionnement pour une partie des consommateurs nigériens. Toutefois, la hausse des coûts et la diminution des quantités disponibles limitent son rôle dans la satisfaction de la demande. La combinaison de ces facteurs accentue les difficultés à Niamey, où les automobilistes doivent patienter de longues heures pour se procurer du carburant. Entre déplacements compliqués et incertitudes sur la disponibilité de l’essence, les habitants subissent directement les conséquences de cette situation. Alors que les difficultés persistent, la question de la capacité du Niger à garantir un approvisionnement régulier en carburant reste posée.
Norbert MEGAN YAOVI