Diplomatie Justice

Maurice : Une ministre emportée par un scandale de drogue

L’affaire de trafic présumé de cannabis entre La Réunion et l’île Maurice provoque une onde de choc au sein de l’exécutif mauricien. Trois jours après l’arrestation de son époux, la ministre déléguée aux Arts et à la Culture, Véronique Leu-Govind, a présenté sa démission le lundi 3 août 2026.

‎Cette décision, prise d’un commun accord avec le Premier ministre Navin Ramgoolam, intervient alors qu’aucun élément ne met, à ce stade, directement en cause la ministre. Le chef du gouvernement a toutefois estimé que son retrait était nécessaire en raison des « perceptions » suscitées par cette affaire, tout en rappelant qu’elle bénéficie pleinement de la présomption d’innocence.

‎Quelques jours auparavant, le Premier ministre lui avait pourtant réaffirmé son soutien. À la suite de sa démission du gouvernement, Véronique Leu-Govind a également quitté la présidence des Nouveaux démocrates, formation politique alliée à la coalition au pouvoir. Elle devrait être entendue prochainement par la brigade antidrogue dans le cadre de l’enquête.

‎Parallèlement, les investigations se poursuivent. Son époux, Gulshan Govind, a comparu devant le tribunal de Bambous sous le coup d’une accusation provisoire de trafic de drogue. Arrêté le 31 juillet, il est soupçonné d’avoir participé à une tentative d’importation d’environ 100 kilogrammes de cannabis entre La Réunion et Maurice, pour une valeur estimée à 4,4 millions d’euros.

‎Les autorités mauriciennes, en collaboration avec les services d’enquête de La Réunion, poursuivent leurs investigations afin d’identifier les différents acteurs et les ramifications de ce réseau présumé de trafic de stupéfiants.

Norbert MEGAN YAOVI