La Corée du Nord veut doter sa marine d’armes nucléaires
La République populaire démocratique de Corée franchit un nouveau seuil dans sa stratégie militaire. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a annoncé, mardi 23 juin à Nampo, que son pays est en train d’équiper sa marine d’armes nucléaires, une décision présentée comme une étape majeure dans le renforcement de la dissuasion nationale.
Selon l’agence officielle KCNA, cette déclaration a été faite lors de la cérémonie de mise en service du destroyer Choe Hyon, un bâtiment de 5 000 tonnes mis à l’eau l’an dernier. Devant les responsables militaires réunis sur place, Kim Jong-un a affirmé que le programme « suit son cours sans dévier du cap prévu », confirmant la continuité de la doctrine de modernisation navale du régime.
Le dirigeant nord-coréen a détaillé une ambition claire : doter la marine de capacités nucléaires opérationnelles capables de mener des « opérations variées et efficaces ». Dans cette logique, Pyongyang prévoit la mise en service prochaine du destroyer Kang Kon, ainsi que la construction de nouveaux navires de guerre d’un tonnage pouvant atteindre 10 000 tonnes.
Les autorités nord-coréennes affirment vouloir produire jusqu’à deux navires de surface de grande classe par an. Ces unités représenteraient une montée en puissance significative par rapport à la flotte actuelle, encore limitée en comparaison des marines régionales. À titre de référence, des bâtiments de ce type se rapprochent des destroyers modernes utilisés par les grandes puissances navales.
Cette annonce intervient dans un climat déjà tendu en Asie du Nord-Est. Pyongyang accuse régulièrement les États-Unis et la Corée du Sud d’intensifier leurs exercices militaires conjoints, considérés comme une menace directe à sa sécurité.
Lors d’une réunion du Parti des travailleurs de Corée, clôturée le 22 juin, Kim Jong-un a averti que ces dynamiques rapprochaient la péninsule coréenne « du bord d’une guerre nucléaire ». Pour plusieurs analystes militaires, cette montée en puissance navale traduit autant une stratégie de dissuasion qu’une volonté d’affirmation géopolitique face à Séoul et Washington.