Iran : L’absence de Mojtaba Khamenei nourrit les doutes sur son pouvoir
Depuis sa désignation comme nouveau guide suprême de la République islamique d’Iran, Mojtaba Khamenei demeure invisible aux yeux du public. Alors que les cérémonies nationales organisées après la mort de son père Ali Khamenei se poursuivent à Téhéran, son absence prolongée nourrit les interrogations sur son état de santé, son rôle réel et les conditions dans lesquelles il exerce désormais le pouvoir.
Les autorités iraniennes expliquent cette discrétion par des impératifs de sécurité, évoquant les menaces qui pèseraient sur le nouveau dirigeant après les frappes israélo-américaines ayant coûté la vie à Ali Khamenei le 28 février. De leur côté, les partisans du régime assurent que la transition politique se déroule normalement et que les institutions de la République islamique continuent de fonctionner.
La succession au sommet du pouvoir iranien intervient après la disparition d’Ali Khamenei, figure dominante de la République islamique depuis plusieurs décennies. L’ancien guide suprême aurait été tué lors d’un bombardement israélo-américain au premier jour de la guerre, une attaque qui aurait également causé la mort de plusieurs membres de sa famille.
Son fils Mojtaba Khamenei, qui aurait survécu à cette frappe mais aurait été blessé, a ensuite été choisi pour lui succéder par l’Assemblée des experts, un collège religieux composé de 88 membres chargé de désigner le guide suprême. Depuis sa nomination, il ne s’est exprimé que par des messages écrits diffusés par les canaux officiels, sans apparaître publiquement ni prononcer de discours télévisé.
Cette absence inhabituelle alimente les spéculations sur son état de santé et sur sa capacité à assumer pleinement ses nouvelles fonctions. La situation attire particulièrement l’attention alors que le régime organise plusieurs jours de cérémonies nationales en hommage à Ali Khamenei.
Lors de la grande prière organisée dimanche 5 juillet au complexe religieux Imam Khomeini Mosalla à Téhéran, trois frères de Mojtaba Khamenei, Mostafa, Meysam et Masoud, sont apparus publiquement aux côtés des membres de la famille. Le nouveau guide suprême, en revanche, est resté absent.
Alors que les funérailles nationales doivent se poursuivre jusqu’à l’inhumation d’Ali Khamenei à Machhad, dans l’est de l’Iran, plusieurs sources évoquent la possibilité d’une première apparition publique de Mojtaba Khamenei à cette occasion. Aucune confirmation officielle n’a toutefois été annoncée par les autorités iraniennes.
Pour les soutiens de la République islamique, cette absence ne constitue pas un signe d’instabilité. Ils estiment que le nouveau dirigeant reste discret pour des raisons de sécurité, notamment face aux menaces attribuées à Israël et aux États-Unis. Certains sympathisants reprennent même une expression populaire en persan : « Dasté Khoda Ayan Shod. Khamenei Javan Shod », signifiant « Un Khamenei est parti, un Khamenei le remplace », pour présenter cette succession familiale comme une continuité du pouvoir.
Mais à l’étranger, cette disparition de la scène publique soulève des interrogations sur l’avenir politique de l’Iran. Dans un contexte marqué par les tensions militaires, les rivalités régionales et la transition au sommet de l’État, chaque apparition ou message du nouveau guide suprême est désormais scruté comme un indicateur de la stabilité du régime.



