Goma : le M23 détient civils et journalistes dans des conteneurs
Un groupe rebelle opérant dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a utilisé des conteneurs métalliques comme cellules de détention improvisées, emprisonnant civils et journalistes dans des conditions « inhumaines » et « dégradantes », selon Reporters sans frontières (RSF).
Les conteneurs, installés dans l’enceinte de l’assemblée législative provinciale de Goma, étaient dépourvus de lumière et de ventilation. Selon RSF, jusqu’à 80 personnes pouvaient y être confinées simultanément, autorisées à sortir seulement une fois par jour, avec une ration minimale de nourriture et des passages à tabac fréquents.
Les détenus subissaient des températures extrêmes — chaleur étouffante le jour et froid la nuit — et certains décès ont été signalés. Les survivants pouvaient rester enfermés plusieurs semaines avant d’être transférés ailleurs. Deux journalistes figuraient parmi les victimes, selon les témoignages et les images recueillies en 2025. La prise de Goma par le M23 l’année dernière a renforcé son emprise sur les médias locaux. RSF indique que le groupe impose désormais des restrictions sur le vocabulaire utilisé pour décrire sa présence, limitant la liberté de la presse dans une région où les menaces et agressions contre les journalistes étaient déjà fréquentes.
Riche en ressources minérales, l’est de la RDC est en proie à des décennies de conflits. Le M23, soutenu par le Rwanda, est le groupe armé le plus puissant de la région et a mené une avancée rapide, s’emparant de villes stratégiques. Malgré une trêve négociée par les États-Unis et le Qatar, la violence persiste, déclenchant une crise humanitaire majeure avec plus de 7 millions de déplacés. Le contrôle territorial et la sécurité restent fragiles, exacerbant les risques pour les populations civiles et les journalistes.
La détention arbitraire et les violences contre les civils et les médias soulignent l’urgence de renforcer la protection des journalistes et d’assurer le respect du droit international humanitaire dans l’est de la RDC. La situation constitue également un risque pour l’exploitation des ressources naturelles et la stabilité économique de la région, affectant à la fois les acteurs locaux et internationaux.