Politique

‎Ghana : Mahama renforce la lutte antidrogue

‎Le Ghana entend renforcer son dispositif de lutte contre le trafic de stupéfiants. Le président John Mahama a autorisé le recrutement de 1 200 agents supplémentaires pour l’agence nationale chargée de la lutte contre la drogue, quelques jours après la saisie en France de près de 3,9 tonnes de cocaïne en provenance du port ghanéen de Tema.

‎L’annonce a été faite jeudi 24 septembre par James Agalga, chef de la majorité parlementaire, alors que six personnes comparaissaient devant la justice ghanéenne dans le cadre de cette affaire. Quatre agents liés aux services douaniers figurent parmi les prévenus. Ils sont soupçonnés d’avoir facilité l’acheminement de la cargaison.
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‎L’affaire remonte au 10 septembre. Les douaniers français avaient découvert à Dunkerque 167 ballots de cocaïne dissimulés dans un conteneur déclaré comme transportant des déchets plastiques. La cargaison avait été expédiée depuis le port de Tema. ‎Au Ghana, l’expéditeur présumé ainsi que le propriétaire supposé de la drogue sont poursuivis pour exportation illégale de stupéfiants. Quatre agents des douanes sont également accusés d’avoir facilité la sortie des conteneurs. ‎Selon l’accusation, les images issues des scanners du port de Tema présentaient pourtant des anomalies. Malgré ces alertes, les conteneurs auraient quitté le port sans inspection physique supplémentaire.

‎La NACOC renforcée dans les contrôles

‎Cette affaire relance le débat sur l’efficacité des contrôles dans les ports ghanéens. James Agalga a notamment rappelé qu’en 2018, la NACOC, l’agence nationale chargée de la lutte contre les stupéfiants, avait cessé de participer systématiquement aux inspections physiques des conteneurs. ‎L’agence a depuis été réintégrée dans le dispositif et participe de nouveau aux contrôles conjoints dans les ports. Le gouvernement prévoit également la création d’une juridiction spécialisée dans les affaires liées aux stupéfiants.

‎Les six prévenus ont comparu jeudi devant la justice. Leurs avocats, qui affirment que leurs clients ont coopéré avec les enquêteurs, ont renouvelé leur demande de remise en liberté. Après un premier refus, le tribunal doit se prononcer sur cette requête mardi 29 septembre. ‎Au-delà des poursuites judiciaires, l’affaire met sous pression le dispositif de contrôle du port de Tema et soulève des interrogations sur les éventuelles failles ayant permis à une importante cargaison de cocaïne de quitter le Ghana, rapporte Nasuba.

Norbert MEGAN YAOVI
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