Accra submergée par des pluies record causant de nombreuses victimes
Depuis le lundi 29 juin, la capitale ghanéenne Accra est frappée par des pluies d’une intensité exceptionnelle ayant provoqué de graves inondations. Le bilan provisoire fait état d’au moins 12 morts et près de 39 000 personnes évacuées, selon les services de secours. Les autorités redoutent une aggravation de la situation alors que les opérations de secours se poursuivent dans plusieurs quartiers.
Accra fait face à l’un des épisodes pluvieux les plus violents de son histoire récente. En l’espace d’une journée, environ 140 millimètres de pluie sont tombés sur la ville, soit trois fois plus que lors des inondations majeures de l’année précédente, d’après le ministère de l’Intérieur du Ghana. Ces précipitations exceptionnelles ont provoqué la submersion d’au moins 25 quartiers, entraînant l’inondation des routes, des habitations et de nombreuses infrastructures essentielles. La capitale s’est rapidement retrouvée paralysée, transformée en vaste zone sinistrée.
Face à la montée rapide des eaux, les services de secours ont été déployés en urgence et travaillent sans interruption. Les pompiers ghanéens affirment avoir secouru au moins 400 personnes, souvent coincées sur les toits de leurs maisons ou dans des véhicules bloqués par les eaux. Les images diffusées sur les réseaux sociaux témoignent de l’ampleur du désastre : bus immergés jusqu’aux fenêtres, rues transformées en cours d’eau, habitants contraints de trouver refuge en hauteur. Plusieurs zones demeurent difficiles d’accès, compliquant l’évaluation exacte des dégâts humains et matériels.
Alors que les pluies ont cessé, le président John Dramani Mahama a annoncé le déblocage d’une aide d’urgence de 300 millions de cedis (environ 23 millions d’euros) destinée à soutenir les populations sinistrées et à financer les premières opérations de réhabilitation. Cependant, la gestion de la crise suscite des critiques. Le Nouveau Parti patriotique, principal parti d’opposition, accuse le gouvernement de ne pas avoir concrétisé les projets d’atténuation des inondations annoncés depuis plusieurs années. Ces critiques sont également relayées par certains habitants, à l’image du journaliste Nana Offianko, qui dénonce un manque d’actions structurelles malgré les promesses répétées des autorités.
Les autorités préviennent que le bilan pourrait encore s’alourdir dans les prochaines heures, en raison de l’étendue des zones touchées et du nombre de personnes potentiellement disparues. Les équipes de secours poursuivent leurs opérations dans un contexte difficile, marqué par des infrastructures fortement endommagées et un accès limité à plusieurs quartiers.