Maroc : Le gouvernement veut créer un million d’emplois d’ici 2031
Le gouvernement marocain affiche l’ambition de créer près d’un million d’emplois durant la période 2026-2031. Inscrit dans le programme du nouvel exécutif dirigé par le Parti authenticité et modernité (PAM), cet objectif repose sur le développement des secteurs productifs, la stimulation de l’investissement et le renforcement de l’économie locale.
La création d’emplois figure parmi les principales priorités du nouveau gouvernement marocain. À travers son programme pour le mandat 2026-2031, l’exécutif entend mobiliser les secteurs productifs et les services pour soutenir la croissance économique et favoriser l’insertion professionnelle. Cette ambition prolonge un engagement déjà pris par le gouvernement sortant d’Aziz Akhannouch, qui n’était pas parvenu à atteindre son objectif en matière d’emploi au cours du mandat 2021-2026. Selon le programme électoral du parti arrivé en tête des élections législatives de 2026, qui a remporté 97 sièges, cette stratégie doit également contribuer à ramener le taux de chômage à 7 % à l’horizon 2031. Le gouvernement prévoit, dans cette perspective, de porter le taux d’activité économique des femmes à 21,2 %.
Des secteurs clés pour soutenir l’emploi
D’après le document consulté par le média Hespress, les créations d’emplois annoncées concernent plusieurs secteurs. L’industrie devrait bénéficier de 250 000 emplois nets, tandis que l’agriculture vise 80 000 emplois destinés à de jeunes agriculteurs résidents. Le secteur sportif devrait, pour sa part, générer 40 000 emplois. Les services délocalisés à forte valeur ajoutée constituent un autre levier majeur, avec 270 000 emplois attendus. À ces perspectives s’ajoutent 360 000 emplois liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030 et aux activités productives et de services qui lui sont associées.
Les coopératives au cœur de l’économie sociale
Le gouvernement entend également renforcer le rôle des coopératives dans la création de richesses et la préservation des emplois. Le Maroc compte plus de 65 000 coopératives, qui emploient environ 800 000 personnes. Malgré ce poids économique et social, le secteur reste confronté à plusieurs difficultés, notamment une gouvernance insuffisante, un accès limité au financement et aux marchés, ainsi qu’une faible intégration dans les chaînes de valeur.
Selon le programme gouvernemental, 93 % des coopératives sont encore de petites structures fragiles. Pour remédier à cette situation, l’exécutif prévoit de renforcer leur cadre juridique, d’améliorer leur gouvernance et de favoriser leur regroupement en unions et réseaux. Le développement des compétences, la numérisation, l’amélioration de la productivité et la facilitation de l’accès aux marchés figurent également parmi les mesures envisagées. Un second axe vise à promouvoir un nouveau modèle de création de coopératives, adapté aux besoins des territoires et aux populations les plus vulnérables. L’objectif est de renforcer leur contribution au développement local tout en favorisant une répartition plus équitable des opportunités économiques.
Les jeunes et les populations vulnérables ciblés
Le programme accorde une attention particulière aux jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Les personnes en situation de handicap, les femmes en situation de précarité et les populations rurales figurent également parmi les bénéficiaires prioritaires. À travers ces différentes mesures, le gouvernement marocain entend faire de l’emploi un moteur de croissance et de cohésion sociale. La concrétisation de l’objectif d’un million d’emplois d’ici 2031 dépendra toutefois de la capacité de l’exécutif à transformer ses engagements en opportunités professionnelles durables.
Norbert MEGAN YAOVI


