Sécurité

Ethiopie : L’armée fédérale prend deux villes du Tigré

La contre-offensive de l’armée fédérale éthiopienne se poursuit dans la région du Tigré. Dimanche 11 et lundi 12 octobre, les forces gouvernementales, appuyées par les Forces de paix du Tigré, sont entrées sans combattre dans Adwa et Axoum, deux villes stratégiques du nord de la région. Ces nouvelles avancées fragilisent davantage le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dont l’avenir politique et militaire apparaît de plus en plus incertain.

L’armée fédérale éthiopienne renforce progressivement son contrôle sur le Tigré. Depuis lundi 12 octobre, des images de soldats gouvernementaux posant devant le célèbre obélisque d’Axoum circulent sur les réseaux sociaux, illustrant la prise de cette ville historique. La veille, les forces fédérales avaient déjà investi Adwa, sans rencontrer de résistance. Face à cette progression, les combattants du TPLF se replient progressivement vers le nord, en direction de la frontière érythréenne. Le mouvement a également subi un revers avec l’arrestation de cinq de ses hauts responsables militaires près d’Enticho, dans le Tigré. Parmi les personnes interpellées figure le commandant adjoint des forces armées du mouvement.

Le TPLF de plus en plus fragilisé

Depuis la prise d’Alamata, dans le sud du Tigré, le 28 septembre, les forces tigréennes semblent perdre progressivement du terrain face à l’armée fédérale et à ses alliés. Cette succession de revers soulève désormais des interrogations sur la capacité du TPLF à conserver son influence politique dans la région. Sur le réseau social X, Abel Abate Demissie, chercheur au sein du groupe de réflexion Chatham House, s’interroge sur le poids politique que le mouvement pourrait encore préserver.

Selon l’analyste, le TPLF aurait sous-estimé les capacités de son adversaire en s’engageant dans cette nouvelle confrontation. Le mouvement, estime-t-il, « s’est jeté dans un piège » en connaissant sa propre force, mais sans mesurer suffisamment celle du gouvernement fédéral. Avec la perte de plusieurs positions stratégiques et le recul de ses troupes, le TPLF se retrouve ainsi dans une situation de plus en plus délicate, alors que les autorités fédérales consolident leur emprise sur le Tigré, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI