CEDEAO : Le Sénégal veut relancer l’Eco et renforcer la lutte antiterroriste
Le Sénégal entend donner un nouvel élan à plusieurs chantiers majeurs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notamment le lancement de l’Eco et la mise en œuvre effective d’une force régionale de lutte contre le terrorisme.
À quelques jours de l’entrée en fonction du général Birame Diop à la tête de la Commission de la CEDEAO, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a passé en revue avec lui les principales priorités que Dakar souhaite porter durant son mandat.
Le chef de l’État a reçu jeudi 27 août le général Diop au Palais de la République. Les échanges ont porté sur les grands dossiers régionaux, alors que le Sénégal assure depuis juillet la présidence de la Commission de la CEDEAO pour une période de quatre ans. Bassirou Diomaye Faye exerce également la présidence tournante de la Conférence des chefs d’État de l’organisation.
L’Eco en ligne de mire
Le projet de monnaie commune ouest-africaine figure parmi les priorités affichées par Dakar. Lors du sommet de Freetown, son lancement a été annoncé pour 2027, avec une mise en œuvre progressive pour les pays remplissant les critères de convergence. Le dossier est piloté par le président ivoirien Alassane Ouattara. Le Sénégal souhaite également améliorer le recouvrement des prélèvements communautaires et renforcer la libre circulation des personnes et des marchandises entre les États membres.
Une force antiterroriste à rendre opérationnelle
La sécurité régionale constitue l’autre grand chantier du mandat sénégalais. Bassirou Diomaye Faye et Birame Diop ont notamment évoqué l’opérationnalisation de la brigade antiterroriste de la CEDEAO, alors que la menace jihadiste continue de peser sur plusieurs pays de la région.
Créée pour renforcer la réponse collective face au terrorisme, cette force reste confrontée à des difficultés de financement et de coordination. Sa mise en activité effective constitue donc un enjeu majeur pour l’organisation régionale. Dakar souhaite ainsi renforcer les capacités communes de la CEDEAO, dans un contexte marqué par le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger, désormais regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
La Guinée-Bissau, autre dossier sensible
La situation politique en Guinée-Bissau figure également au nombre des priorités. La CEDEAO a confié au Sénégal un rôle de facilitateur dans ce dossier. Le général Birame Diop a assuré que la Commission accompagnerait Dakar afin d’« anticiper » les évolutions et d’intervenir de manière « pragmatique et efficace ».
À compter du 1er septembre, l’ancien ministre sénégalais des Forces armées et ex-conseiller militaire du secrétaire général de l’ONU devra ainsi transformer ces orientations en actions concrètes. Un premier bilan de cette nouvelle dynamique est attendu au prochain sommet de la CEDEAO, prévu en décembre 2026, rapporte Nasuba Info.
Norbert MEGAN YAOVI


