France : Cédric Jubillar avoue le meurtre de son épouse disparue
Après avoir nié toute implication pendant près de cinq ans, Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Cette révélation, contenue dans une lettre manuscrite adressée à son avocat Me Pierre Debuisson, marque un tournant spectaculaire dans l’une des affaires criminelles les plus suivies en France.
L’information a été révélée lundi par le quotidien régional La Dépêche du Midi, qui a eu accès au courrier de l’accusé. Ces aveux interviennent à quelques semaines de son procès en appel, prévu le 21 septembre, après sa condamnation en première instance à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse.
Selon Me Pierre Debuisson, contacté par l’Agence France-Presse (AFP), Cédric Jubillar a reconnu « des aveux » et exprimé son souhait « de reconnaître sa culpabilité dans la disparition de sa femme Delphine ». L’avocat affirme avoir progressivement établi une relation de confiance avec son client au cours de plusieurs rencontres en prison.
Dans son courrier, Cédric Jubillar aurait également indiqué vouloir permettre aux deux enfants du couple de retrouver une sépulture pour leur mère, dont le corps demeure introuvable depuis sa disparition. Il aurait promis de fournir des éléments sur l’endroit où il aurait dissimulé la dépouille.
Cette reconnaissance de responsabilité ne signifie toutefois pas une acceptation totale de la qualification pénale retenue contre lui. La défense entend contester l’intention de tuer et pourrait orienter les débats vers la notion de coups mortels plutôt que celle de meurtre.
Selon Guy Debuisson, associé du cabinet de défense, Cédric Jubillar n’aurait « jamais eu l’intention de tuer son épouse ». Une stratégie qui pourrait viser à obtenir une réduction de la peine encourue lors du procès en appel.
Pour Me Laurent Boguet, avocat représentant les intérêts des deux enfants du couple, cette nouvelle version pourrait être une tentative de minimiser la responsabilité de l’accusé. Il estime que Cédric Jubillar cherchera à amener la cour d’assises à réexaminer la notion d’intention criminelle.
L’affaire Delphine Jubillar avait débuté dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Cette infirmière de 33 ans, mère de deux enfants, avait disparu de son domicile familial alors qu’elle était en instance de séparation avec son mari.
Malgré l’absence de corps retrouvé, la cour d’assises du Tarn avait estimé que les éléments réunis contre Cédric Jubillar constituaient un faisceau d’indices suffisamment solide pour établir sa culpabilité. Parmi les éléments retenus figuraient notamment les lunettes de la victime retrouvées brisées, des expertises évoquant des dommages compatibles avec un coup porté par un adulte, ainsi que le témoignage d’un enfant du couple faisant état d’une altercation entre ses parents.
Avec ces aveux, l’affaire connaît une nouvelle étape décisive. Le procès en appel devra désormais déterminer les circonstances exactes de la mort de Delphine Jubillar, la qualification juridique des faits reconnus par son mari et surtout permettre de répondre à une question essentielle qui demeure : où se trouve le corps de la victime ?



