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Médias au Mali : La détention de Takiou contestée

Au Mali, les avocats du journaliste Chahana Takiou ont introduit une demande de libération provisoire auprès de la justice, invoquant l’état de santé préoccupant de leur client. Détenu depuis le 8 juin 2026 à Bamako après des déclarations critiques sur l’usage de la loi sur la cybercriminalité contre les professionnels des médias, le directeur du journal 22 Septembre attend désormais l’examen de sa requête, tandis que son procès est prévu pour le 27 juin.

La défense du journaliste malien Chahana Takiou a officiellement saisi la justice d’une demande de libération provisoire en raison de l’état de santé de son client. Incarcéré depuis le 8 juin 2026 à Bamako, le directeur du quotidien 22 Septembre est poursuivi après avoir dénoncé ce qu’il considère comme un recours détourné à la loi sur la cybercriminalité pour poursuivre des journalistes. La requête a été déposée le 19 juin devant le pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité. Les avocats mettent en avant la vulnérabilité physique du journaliste, atteint de diabète et de problèmes cardiovasculaires, alors qu’un rendez-vous médical de longue date est prévu pour le 10 juillet. Son procès, quant à lui, doit se tenir le 27 juin.

Cette affaire intervient dans un climat de tensions persistantes entre certains acteurs de la presse malienne et les autorités judiciaires. Selon son entourage, Chahana Takiou conserve un moral élevé grâce au soutien de sa famille et de ses confrères. Toutefois, ses proches s’inquiètent des conséquences que pourrait avoir son maintien en détention sur sa santé. Plusieurs observateurs estiment également que l’environnement carcéral n’est pas adapté à la prise en charge de pathologies chroniques telles que celles dont souffre le journaliste. À ce stade, aucune date n’a encore été annoncée pour l’examen de la demande de mise en liberté provisoire.

À l’origine de son arrestation figurent des propos tenus lors d’une conférence internationale consacrée aux médias. Chahana Takiou y avait critiqué l’utilisation de la législation sur la cybercriminalité dans des dossiers impliquant des journalistes, estimant qu’elle permettait de contourner les garanties prévues par le droit de la presse. Pour ses soutiens, son emprisonnement illustre précisément les dérives qu’il dénonçait publiquement. Dans le même temps, deux autres journalistes demeurent détenus au Mali, dont Abdrahamane Keita, directeur du journal Le Témoin, arrêté le 9 juin après des déclarations sur la situation sécuritaire à Kidal. La Maison de la presse poursuit par ailleurs des démarches auprès des autorités afin d’obtenir leur libération ainsi que celle d’un troisième professionnel des médias.