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Iran : Les Gardiens de la Révolution renforcent leur pouvoir national

Alors que les États-Unis et l’Iran ont engagé, le 21 juin 2026 en Suisse, des négociations qualifiées d’historiques pour tenter de réduire les tensions au Moyen-Orient, un acteur semble déjà sortir renforcé de cette nouvelle séquence diplomatique : les Gardiens de la Révolution. Présents au cœur des appareils militaire, politique et économique iraniens, les Pasdarans apparaissent aujourd’hui comme les véritables détenteurs du pouvoir au sein de la République islamique.

Les premiers pourparlers directs entre Washington et Téhéran se sont ouverts à Obbuergen, près de Lucerne, sous la médiation du Qatar et du Pakistan. Les discussions réunissent notamment le vice-président américain J.D. Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. L’objectif affiché est de parvenir à un accord durable portant sur la sécurité régionale et le programme nucléaire iranien, après plusieurs mois de tensions et de conflit.

Derrière ces échanges diplomatiques se dessine toutefois une réalité politique plus profonde. Depuis plusieurs années, et plus particulièrement depuis le déclenchement de la guerre le 28 février 2026, les Gardiens de la Révolution ont considérablement renforcé leur influence au sein du régime iranien. Créée en 1979 à la suite de la Révolution islamique, cette force militaire parallèle avait initialement pour mission de protéger les fondements idéologiques de la République islamique. Avec le temps, son rôle s’est élargi bien au-delà du domaine sécuritaire.

Aujourd’hui, les Pasdarans exercent une influence majeure dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, les télécommunications et le commerce extérieur. Leur poids économique, associé à leur puissance militaire, leur permet d’intervenir directement dans les grandes orientations politiques du pays.

La montée en puissance des Gardiens de la Révolution est également illustrée par le rôle central joué par Mohammad Bagher Ghalibaf. Ancien commandant des Pasdarans et actuel président du Parlement, il est devenu l’un des principaux visages du pouvoir iranien. Chargé de conduire les négociations avec les États-Unis, il bénéficie de la confiance des cercles sécuritaires et des plus hautes autorités de l’État.

Selon plusieurs sources internationales, les Gardiens de la Révolution pourraient être les principaux bénéficiaires d’un éventuel accord entre Washington et Téhéran. Une levée des sanctions économiques ouvrirait la voie au retour des investisseurs étrangers. Or, la législation iranienne impose généralement aux entreprises internationales de s’associer à des partenaires locaux. Une part importante de ces partenaires potentiels étant liée, directement ou indirectement, aux Pasdarans, ceux-ci pourraient tirer profit des nouveaux investissements et renforcer davantage leur emprise économique.

Même en cas d’échec des négociations, leur position resterait solide. Leur expérience dans le contournement des sanctions et leur contrôle de nombreux circuits économiques parallèles leur permettent déjà de conserver une influence déterminante sur l’économie nationale.

À mesure que les discussions se poursuivent entre les États-Unis et l’Iran, une certitude semble s’imposer : les Gardiens de la Révolution ne sont plus seulement une force militaire chargée de défendre le régime. Ils sont devenus les acteurs incontournables de l’avenir politique, sécuritaire et économique de la République islamique d’Iran.