Société

Kenya : 33 corps exhumés, des zones d’ombre dans la gestion hospitalière

Au moins 33 corps, dont 25 enfants et huit adultes, ont été exhumés mercredi dans une fosse commune à Kericho, dans l’ouest du Kenya. Selon la police, les dépouilles proviendraient de la morgue d’un hôpital, soulevant des questions majeures sur la gestion administrative et légale des corps non réclamés.

La législation kényane autorise les établissements de santé à disposer des corps non réclamés après un délai de 14 jours, à condition d’obtenir une autorisation judiciaire. Toutefois, les circonstances de cet enterrement collectif suscitent des doutes sur le respect de cette procédure. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si les formalités légales ont été suivies et si le transfert des corps vers Kericho était conforme aux normes en vigueur.

Sur place, l’incompréhension domine parmi les habitants. Plusieurs témoignages évoquent une situation inédite dans cette région. Certains riverains affirment ne jamais avoir été informés d’un tel processus, tandis que d’autres s’interrogent sur l’origine réelle des corps, certains évoquant un possible transfert depuis un autre comté.

Enquête en cours et implications institutionnelles

Les autorités ont déjà procédé à l’arrestation d’au moins deux personnes dans le cadre de l’enquête. Des autopsies ont été réalisées par des médecins légistes afin d’établir les causes des décès, alors que l’identité des victimes reste inconnue. Au-delà du fait divers, cette affaire met en lumière les failles potentielles du système de gestion des dépouilles au Kenya, avec des implications en matière de transparence administrative, de responsabilité institutionnelle et de confiance des citoyens.

Dans un contexte où les systèmes de santé en Afrique sont sous pression, cet épisode pourrait relancer le débat sur la traçabilité des corps, le respect des procédures judiciaires et les standards de gouvernance dans le secteur sanitaire.